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		<title>Je suis un l&#233;gume (bio) heureux, merci.</title>
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		<dc:subject>Est-tu normal&#183;e ?</dc:subject>
		<dc:subject>Une du th&#232;me</dc:subject>
		<dc:subject>Une du site</dc:subject>

		<description>longitude samedi 9 D&#233;c 2000's / latitude 20:06:58 &lt;br /&gt;mon corps monstrueux est mon corps pr&#233;f&#233;r&#233;. je ne le changerai pour aucune int&#233;gration, je ne l'assimilerai &#224; aucune norme, et je ne le figerai dans aucune r&#233;f&#233;rence. avec ce corps immobile, dans un fauteuil &#233;lectrique, et incorpor&#233; de diverses proth&#232;ses, je suis l'&#233;chec des publicitaires, des super h&#233;ro-&#239;ne-s et des fantasmes universels. youpi. &lt;br /&gt;mon corps est classifi&#233; administrativement comme handicap&#233;, diss&#233;qu&#233; m&#233;dicalement comme t&#233;trapl&#233;gique, d&#233;sign&#233; politiquement-correctement (...)


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&lt;a href="http://gendertrouble.org/mot27.html" rel="tag"&gt;Une du th&#232;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://gendertrouble.org/mot28.html" rel="tag"&gt;Une du site&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;IMG/arton166.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;281&quot; height=&quot;400&quot; onmouseover=&quot;this.src='IMG/artoff166.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://gendertrouble.org/IMG/arton166.jpg'&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;longitude samedi 9 D&#233;c 2000's / latitude 20:06:58&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;mon corps monstrueux est mon corps pr&#233;f&#233;r&#233;. je ne le changerai pour aucune int&#233;gration, je ne l'assimilerai &#224; aucune norme, et je ne le figerai dans
aucune r&#233;f&#233;rence. avec ce corps immobile, dans un fauteuil &#233;lectrique, et
incorpor&#233; de diverses proth&#232;ses, je suis l'&#233;chec des publicitaires, des super
h&#233;ro-&#239;ne-s et des fantasmes universels. youpi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;mon corps est classifi&#233; administrativement comme handicap&#233;, diss&#233;qu&#233;
m&#233;dicalement comme t&#233;trapl&#233;gique, d&#233;sign&#233; politiquement-correctement comme Personne &#224; Mobilit&#233; R&#233;duite, rang&#233; socialement comme improductif, paralys&#233; religieusement comme victime, objectivis&#233; sexuellement comme inerte, (sous-)repr&#233;sent&#233; artistiquement comme extraordinaire voire extra-terrestre, archiv&#233; historiquement comme st&#233;rilis&#233; ou &#224; &#233;liminer...
la soci&#233;t&#233; des valides inscrit ses stigmates dans mon corps comme des rep&#232;res, car elle s'y perd et s'y fait peur. je suis un monstre immobile dans un monde o&#249; tout gesticule. un corps qui ne veut pas &#234;tre conforme et cr&#233;dible, mais diforme et sensible. mon corps se rit des canons de beaut&#233; et des s&#233;ductions hollywoodiennes, il danse au milieu des marionnettes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;j'ai grandi avec ce corps d&#233;g&#233;n&#233;rescent dans une soci&#233;t&#233; performante. je me suis construit-e seul-e, depuis des observations et des sensations. j'y ai
acquis des diagonales au travers des lignes toutes trac&#233;es des corps
valid(ist)es efficaces, standardis&#233;s, valoris&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;les m&#233;decins avaient annonc&#233; &#224; mes parents une mort pour mes 8 ans. &#231;a fait
vingt ans que je grandis dans un corps qui n&#233;gocie &#224; chaque nouvelle douleur de jouir avant de mourir.
la maladie qui galope jusqu'&#224; la mort intensifie ma vie. je suis un corps &#224;
&#233;preuves, et &#224; &#233;chos ; je survis l&#224; o&#249; on ne m'attend pas. maigre,
d&#233;s&#233;quilibr&#233;, fragile, essouffl&#233;, r&#233;tract&#233;, douloureux, tordu, livide... je me
pr&#233;sente : je suis un parasite aux biens&#233;ances corporelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;zig&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi des f&#234;tes non-mixtes femmes, lesbiennes, trans ?</title>
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		<dc:creator>nini</dc:creator>

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		<dc:subject>Non-mixit&#233;s</dc:subject>

		<description>Faire des groupes de femmes, pour parler du v&#233;cu des in&#233;galit&#233;s entre femmes et hommes, pour analyser l'oppression que l'on subit, l&#224; on voit bien. Mais pourquoi faire des f&#234;tes entre femmes de tous poils ? &lt;br /&gt;Parce que j'aime mieux ces ambiances. Pourquoi je pr&#233;f&#232;re les f&#234;tes non-mixtes ? Parce que dans ce cadre, les comportements qui me g&#226;chent les f&#234;tes ne sont pas l&#224;. C'est con, mais sans mecs, il n'y a pas plein de moments relous &#224; g&#233;rer. &lt;br /&gt;Parce que dans les f&#234;tes mixtes, il y a toujours un mec pour me parler comme (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Faire des groupes de femmes, pour parler du v&#233;cu des in&#233;galit&#233;s entre femmes et hommes, pour analyser l'oppression que l'on subit, l&#224; on voit bien. Mais pourquoi faire des f&#234;tes entre femmes de tous poils ?&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que j'aime mieux ces ambiances. Pourquoi je pr&#233;f&#232;re les f&#234;tes non-mixtes ? Parce que dans ce cadre, les comportements qui me g&#226;chent les f&#234;tes ne sont pas l&#224;. C'est con, mais sans mecs, il n'y a pas plein de moments relous &#224; g&#233;rer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que dans les f&#234;tes mixtes, il y a toujours un mec pour me parler comme &#224; une moule g&#233;ante, comme si je ne suis pas un &#234;tre humain, mais une chatte sur patte. Et qui m'insulte, me menace, ou est agressif avec moi quand je lui signifie que je veux bien parler avec lui, mais pas sur un th&#232;me sexuel. Et qui ne supporte pas que je sois d&#233;sagr&#233;able quand il continue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que dans les f&#234;tes mixtes, il y a toujours un mec pour venir bouffer notre espace quand je discute avec mes copines. Des femmes qui parlent ? Pas de soucis, on peut leur couper la parole, ah oui c'est l'homme qui arrive. Mais &#231;a peut &#234;tre plus subtil : parler fort &#224; c&#244;t&#233; de nous, chanter, taper sur la table avec ses doigts, faire branler la chaise qui fait branler la pi&#232;ce. Bref, toujours un mec pour ne pas supporter que quand il passe &#224; c&#244;t&#233; de nous on ne le regarde pas, on ne s'occupe pas de lui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que dans les f&#234;tes mixtes, il y a toujours des gens pour me regarder embrasser une autre meuf, comme si on &#233;tait des animaux de foire, ou qui nous reluquent de fa&#231;on int&#233;ress&#233;e, lubrique, comme si on &#233;tait en train de faire un spectacle porno, ou, au pire, mais si courant, qui demandent de participer (parce que les lesbiennes ensemble, comment elles font pour baiser ???).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que dans les f&#234;tes mixtes, exister en tant que ce que je suis, lesbienne et f&#233;ministe, il y a souvent des femmes et des hommes qui me disent gentiment que je le fais pas de la bonne mani&#232;re : en tant que lesbienne, je suis trop visible, trop st&#233;r&#233;otyp&#233;e, trop masculine, trop f&#233;minine, je mets mal &#224; l'aise les h&#233;t&#233;ros (...) et en tant que f&#233;ministe, je suis pas sympa, trop agressive, sans humour, pas assez diplomate, trop diplomate, trop victime, trop violente... Bref, dans les f&#234;tes mixtes, il y a toujours des gens 'dans la norme' qui me disent tr&#232;s sinc&#232;rement comment il faut se comporter quand on n'est pas dans la norme, pour que les gens normaux ils soient content-e-s aussi, et surtout pour bien faire passer ton message ; parce qu'illes le savent bien mieux que toi, m&#234;me si illes y ont r&#233;fl&#233;chi depuis deux heures, qu'illes te posent pas de question (parce que toi, tu ne te poses pas cette question &#224; chaque f&#234;te mixte o&#249; tu &#233;tais venue pour t'amuser) et qu'illes ont jamais r&#233;fl&#233;chi &#224; ce que je vis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce dans les f&#234;tes mixtes aussi, il y a toujours un mec bourr&#233; relou &#224; la fin, dont il faut s'occuper, le pauvre ch&#233;ri. Et qui menace de frapper quelqu'un-e ou de saloper ton lieu si tu t'occupes pas de lui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que dans les f&#234;tes mixtes, on va pas demander une carte du gentil mec sympa, et que souvent celui qui va pas boire et gueuler, il va te draguer, celui qui est pas violent physiquement il va te faire la le&#231;on de morale, celui qui est discret, il va quand m&#234;me violer sa meuf... Bref parce que dans les f&#234;tes mixtes, on va pas filtrer, et je vois pas sur quels crit&#232;res on pourrait le faire vu que m&#234;me mes potes mecs se retirent pas totalement de la t&#234;te que j'appartiens &#224; une autre race qui a de fait moins de droit, de l&#233;gitimit&#233;, ou alors, que je suis quand m&#234;me, au fond, faite pour &#234;tre bais&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que dans les f&#234;tes mixtes, j'ai souvent des copines, des potes p&#233;d&#233;s ou racis&#233;s qui se font taper sur la gueule, et que &#231;a me g&#226;che ma f&#234;te (et qu'&#224; force, je surveille quand j'arrive dans un endroit, lequel va nous agresser).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que dans les f&#234;tes mixtes, il y a souvent, vous l'avez compris, des mecs qui sont agressifs si tu leur r&#233;ponds pas gentiment quand ils te parlent comme &#224; un trou, si tu les regardes pas, si tu trouves la discussion avec ta pote plus int&#233;ressante, si tu montres que tu es lesbienne, si tu restes jusqu'&#224; la fin, si tu baisses pas les yeux quand ils t'agressent, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'aime les f&#234;tes non-mixtes, parce que enfin, je peux M'AMUSER TRANQUILLE, baisser ma garde, savoir que j'aurai pas &#224; g&#233;rer tout &#231;a, qu'on va me parler comme &#224; un &#234;tre humain, pas 'comme &#224; une femme', 'comme &#224; une homo', ou 'comme &#224; une nana qu'il faut remettre &#224; sa place parce qu'elle ne se soumet pas'. Je peux danser comme je le veux, sans qu'un gars croit que &#231;a veut dire 'saute moi dessus', je peux m'habiller comme je veux, me d&#233;ssaper, sans que les nanas qui sont l&#224;, bien que certaines soient lesbiennes, croient que &#231;a veut dire qu'elles peuvent se passer de mon consentement explicite pour me toucher, m'embrasser, coucher avec moi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'aime les f&#234;tes non-mixtes parce que j'aime partager des moments de joie avec mes soeurs de condition, sans qu'il y ait un connard, camarade ou pas, pour nous pomper l'air. Et parce que des fois, si j'aime bien faire la f&#234;te en g&#233;rant l'embrouille, l'agressivit&#233;, ou en &#233;tant d'humeur guerri&#232;re, des fois, j'aime que non, j'aime bien faire la f&#234;te dans un monde moins con.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Interpellation </title>
		<link>http://gendertrouble.org/article164.html</link>
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		<dc:date>2008-02-27T23:12:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>nini</dc:creator>

<category domain="http://gendertrouble.org/rubrique7.html">Texts</category>

		<dc:subject>Oppression des femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Une du th&#232;me</dc:subject>
		<dc:subject>Une du site</dc:subject>

		<description>Il est une heure du matin, je sors d'un bar. Je rentre chez, moi, tranquille. Enfin non, pas vraiment tranquille, parce que je sais que j'ai de fortes chances pour que les mecs en uniforme, si j'en croise, me fassent chier. &lt;br /&gt;Bingo, ils sont trois, en face de moi, sur le trottoir. Ils m'ont rep&#233;r&#233;e, il faut dire que je ne co&#239;ncide pas vraiment avec la norme. Je sais que si je baisse les yeux en les croisant, que je r&#233;ponds en souriant &#224; leur question, que j'obtemp&#232;re &#224; leur demande, ou que je d&#233;tourne (...)


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&lt;a href="http://gendertrouble.org/mot28.html" rel="tag"&gt;Une du site&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est une heure du matin, je sors d'un bar. Je rentre chez, moi, tranquille. Enfin non, pas vraiment tranquille, parce que je sais que j'ai de fortes chances pour que les mecs en uniforme, si j'en croise, me fassent chier. &lt;br&gt;
Bingo, ils sont trois, en face de moi, sur le trottoir. Ils m'ont rep&#233;r&#233;e, il faut dire que je ne co&#239;ncide pas vraiment avec la norme. Je sais que si je baisse les yeux en les croisant, que je r&#233;ponds en souriant &#224; leur question, que j'obtemp&#232;re &#224; leur demande, ou que je d&#233;tourne leur demande avec le sourire de la bonne citoyenne soumise, j'ai des chances qu'ils me laissent tranquille.&lt;br&gt; Mais j'ai pas envie de baisser le regard. Pas envie de leur signifier, comme une habitude, que ce sont eux les ma&#238;tres, en leur laissant la place sur le trottoir, en filant.&lt;br&gt;
Eux, directs, le rep&#232;rent. Et bien s&#251;r, ils m'interpellent, comme souvent avec les gens de ma race, du ton humiliant qu'ils connaissent bien, pour me rappeler &#224; l'ordre. Ce sont eux les cow-boys ici, et il ne faut pas leur tenir t&#234;te, quand on est un indien. Surtout un indien qui a le culot de se balader avec sa sale gueule &#224; une heure du matin. Ils s'attendent &#224; ce que je m'&#233;crase, parce qu'ils savent qu'&#224; ce jeu l&#224;, je suis perdante, que c'est eux qui font la loi, pas moi.&lt;br&gt; Au d&#233;but, ils se trouvent je pense plut&#244;t sympas, une petite blague humiliante, me rappelant leur pouvoir, ils me signifient qu'ils vont &#234;tre sympa, et pas m'emb&#234;ter plus que &#231;a... si je baisse les yeux bien entendu, si je leur r&#233;ponds en souriant, si je ris &#224; leur 'blague'. Mais j'en ai pas envie. Je baisse pas les yeux. Je leur r&#233;ponds, calmement, mais d'&#233;gal &#224; &#233;gal. Et l&#224;, direct, ils me menacent. Ils me disent que j'ai peut-&#234;tre oubli&#233; qu'ils peuvent faire ce qu'il veulent de moi, me faire passer une tr&#232;s mauvaise nuit, ils ont la force, ils ont le droit, qu'est-ce que je fous ici. Eux ils se marrent &#224; m'insulter, me menacer, commencer &#224; se rapprocher de moi. Moi j'ai le coeur qui tambourine, ils me font flipper, ils se sentent tellement dans leur droit de m'agresser. Mais surtout j'ai cette putain de rage qui remonte, qui me paralyse autant qu'elle me fait trembler, une putain d'envie de les buter. Et ils le sentent. Et ils aiment pas. Ca y est ils me hurlent dessus, ils vont pas me l&#226;cher si je montre pas 'patte blanche', si je ne me soumets pas.&lt;br&gt; Ca me file la haine parce que ce qu'ils me disent, c'est que c'est leur territoire ici, et que les gens de ma race, on a rien &#224; y foutre, et que si on se croit avoir le droit d'&#234;tre l&#224;, ils vont bien nous rappeler que c'est pas le cas. Ils veulent bien nous tol&#233;rer dans leur espace, mais seulement en tant que soumis &#224; eux, en tant que personne qui va pas bousculer les r&#232;gles &#233;tablies. Et pour &#231;a, quand on se croise, il faut que je montre que je connais les codes, que c'est eux les ma&#238;tres ici, et qu'ils ont le plein droit de mal me parler. &lt;br&gt;
Baisser les yeux, ils me le disent, mais trop de fois o&#249; je les ai baiss&#233;s, en me disant que &#231;a m'assurait une certaine tranquillit&#233;, et o&#249; ils me sont tomb&#233;s dessus. &lt;br&gt;
Et finalement ce soir l&#224;, apr&#232;s m'avoir humili&#233;e &#224; leur guise, ils s'en vont ; pour eux, il ne s'est rien pass&#233; que d'ordinaire, ils se demandent juste si ils auraient du s&#233;vir un peu plus fort.&lt;br&gt; Moi, je dors pas de la nuit, la rage envahit ma t&#234;te et mon corps, et je sais, je sais, que chaque fois que je sors, dans certains coins, &#224; certaines heures, je risque de les trouver. Et la peur me cloue. Cette peur, c'est pas celle de ce qu'ils peuvent me faire. Cette peur, c'est que &#231;a d&#233;g&#233;n&#232;re, pour moi. Que l'envie de tuer soit plus forte. Mais peur surtout de la vivacit&#233; de la haine qui m'habite apr&#232;s des moments comme ceux-ci, haine qui me g&#226;che la vie. Peur de ne pas tenir le choc dans ce monde d'apartheid.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces mecs en uniforme, c'&#233;tait pas des flics. C'&#233;tait des mecs. Et ma race, c'est d'&#234;tre une femme. Rien de plus proche entre une interpellation par des flics et un accostage nocturne. Je ressens dans ces deux cas exactement la m&#234;me chose. Quand ils demandent de sourire &#224; leur remarque qui me range dans la race des &#171; l&#224; pour &#234;tre bais&#233;s &#187;, c'est exactement la m&#234;me sensation quand des flics me demandent de montrer mes papiers. Les deux sous-entendent que tu peux &#234;tre amen&#233;-e au poste et y &#234;tre maltrait&#233;-e pour l'un, ou qu'ils peuvent te violer et te frapper pour l'autre. Et si tu refuses, de les montrer, ou de r&#233;pondre poliment &#224; cette remise en place, c'est tout de suite la menace, violente, pure, du pouvoir que tu bouscules. Et si je n'ai pas mes papiers, et s'ils d&#233;couvrent que je suis gouine, l&#224;, j'ai toutes mes chances pour subir la punition, celle, qui leur para&#238;t tr&#232;s appropri&#233;e, d'user de leur droit, de me maltraiter, de me rappeler &#224; l'ordre, le leur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un bon h&#233;t&#233;ro-flic est un h&#233;t&#233;ro-flic mort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>ch&#232;re maman</title>
		<link>http://gendertrouble.org/article163.html</link>
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		<dc:date>2007-11-08T16:56:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>mauricE</dc:creator>

<category domain="http://gendertrouble.org/rubrique7.html">Texts</category>

		<dc:subject>Enfants &amp; parents</dc:subject>

		<description>lettre &#224; ma m&#232;re &lt;br /&gt;mais &#231;a pourrait &#234;tre la tienne - &lt;br /&gt;qui s'inqui&#232;te pour moi car je suis improductive, et panormal-sexuelle &lt;br /&gt;(vraiment envoy&#233;e, sur du papier) &lt;br /&gt;ch&#232;re maman, &lt;br /&gt;merci de m'avoir donn&#233; des timbres et la vie. &lt;br /&gt;je t&#226;che d'en faire bon usage, sois en certaine. &lt;br /&gt;la prochaine fois qu'on se verra, au lieu de parler de mon avenir mat&#233;riel incertain, je serai heureuse que tu me racontes des histoires. de quand j'&#233;tais petite, ou alors de quand tu &#233;tais petite, comme tu veux et puis comme &#231;a vient. &lt;br /&gt;par exemple, je me (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;lettre &#224; ma m&#232;re&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://gendertrouble.org/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; mais &#231;a pourrait &#234;tre la tienne -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;qui s'inqui&#232;te pour moi car je suis improductive, et panormal-sexuelle&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(vraiment envoy&#233;e, sur du papier)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;ch&#232;re maman,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;merci de m'avoir donn&#233; des timbres et la vie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;je t&#226;che d'en faire bon usage, sois en certaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;la prochaine fois qu'on se verra, au lieu de parler de mon avenir mat&#233;riel incertain, je serai heureuse que tu me racontes des histoires. de quand j'&#233;tais petite, ou alors de quand tu &#233;tais petite, comme tu veux et puis comme &#231;a vient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;par exemple, je me demande ce que tu ressens pour tes soeurs. aujourd'hui et puis votre histoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;personnellement, je ressens de l'amour pour mes soeurs, vraiment. &#231;a ne doit pas se voir comme &#231;a, mais ce sont probablement les deux personnes que j'aime le plus sur cette terre. ce n'est pas pour faire de hi&#233;rarchie ou quoi, simplement te dire que tu peux &#234;tre rassur&#233;e : papa et toi avez tout &#224; fait r&#233;ussi notre &#233;ducation. la preuve c'est que toutes les trois on s'aime fort et sans politesse. c'est tr&#232;s rare.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;c'est vrai que je ne sais pas trop quoi faire de cet amour, nous sommes comme sur des plan&#232;tes diff&#233;rentes. n'emp&#234;che qu'il y a ce lien et c'est pas rien, &#231;a fait du bien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;aussi je voulais te dire de ne pas trop en mettre sur le dos de klaus-dieter.
ce type n'est pas beaucoup plus tordu qu'un autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#231;a m'a juste amen&#233;e &#224; m'enfoncer dans un silence &#224; une &#233;poque. j'ai mis du temps mais tout est cela est bien fini : aujourd'hui je ne me sens plus coupable de rien. ni de mes choix, ni de mes non-choix, de mes d&#233;sirs, de ce que je ressens, etc. et j'en parle d&#232;s que je peux. peut-&#234;tre est-ce parce que je sors de la culpabilit&#233; que j'ose &#234;tre &quot;marginale&quot; comme tu dis. c'est &#224; dire moi-m&#234;me. c'est plut&#244;t une bonne nouvelle quand on voit comme la masse du troupeau se fait chier &#224; jouer son r&#244;le, non ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;voil&#224;. c'est vrai que je me fais un peu de souci pour toi &#224; cause de ton foie inop&#233;rable. alors je vais chercher des infos autour de moi sur le foie. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;(si vous en avez, &#233;crivez moi merci)&lt;/i&gt; tout d'un coup en &#233;crivant &#231;a, je me rappelle que je suis n&#233;e avec une maladie du foie...
peut-&#234;tre est-ce que tu voudrais que je sois ta maman &#224; mon tour ? la tienne est morte. d'ailleurs comment &#233;tait-elle comme m&#232;re ?
je peux comprendre que tu ne sache pas ce qui est bon pour toi en ce moment, et que tu es envie de t'en remettre &#224; une maman. malheureusement je n'ai pas de pr&#233;disposition &#224; la maternit&#233; au quotidien. l'intendance m'emmerde et l'organisation n'en parlons pas.
ceci dit, je veux bien te faire grand-m&#232;re si tel est ton souhait. je dis &#231;a &#224; tout hasard, des fois que ce soit ton plaisir. par contre faudrait que t'aies envie de t'occuper de ton petit-enfant &#224; 100% niveau technique, parce que comme je t'ai dit, je n'ai pas de pr&#233;disposition &#224; &#234;tre maman. &#224; part mon appareil g&#233;nital, comme tu sais.
enfin bon, comme tu vois, je ne sais pas trop comment transformer mon souci pour toi en action, en autre chose que de la peur-culpabilit&#233;. c'est -entre autre- pourquoi j'ai &#233;t&#233; absente ces temps de convalescence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;de ton cot&#233;, si tu veux me faire plaisir, ben fais toi plaisir. fais toi plaisir de toutes les mani&#232;res que tu trouves. je sais pas, claque ton fric, ose les folies dont tu revais petite, ou ne fais rien si c'est ce qui te plais.
mais vis tes r&#234;ves toi-m&#234;me !
fais le pour moi si &#231;a te donne un moteur. c'est la seule mani&#232;re pour moi de me d&#233;crocher sans douleur de tes r&#234;ves pour moi. je ne sais pas trop quoi te proposer, &#224; quoi t'inviter concr&#232;tement, on ne se connait pas si bien peut-etre.
comme dit ma copine crut, &quot;quille veut un bien se fait mal&quot;, et ce que je sais c'est que tu as d&#233;j&#224; vraiment beaucoup fait pour les autres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;il est grand temps d'&#234;tre &#233;goiste et de penser &#224; toi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;merci, bisous.
ta fille a&#238;n&#233;e, ts&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>365 jours par an</title>
		<link>http://gendertrouble.org/article151.html</link>
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		<dc:date>2007-09-30T23:57:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>christophelu</dc:creator>

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		<dc:subject>Gay</dc:subject>

		<description>Il est l&#224;, il s'ennuie, il y a la t&#233;l&#233;, mais &#231;a isole. Il a soif de communication. L'amour il le pratique 365 jours par an. C'est facile il est p&#233;d&#233;. Quand il s'ennuie il s'adonne &#224; cette drogue tant pris&#233;e de sa condition humaine. Ce n'est pas un guerrier m&#234;me si parfois l'amour s'en ressent. C'est facile dans son monde, toutes les fronti&#232;res tombent, sur internet ou dans la rue, il suffit d'y aller, sans montrer trop d'exigences il trouvera forc&#233;ment. Il n'est pas tout seul &#224; s'ennuyer, ils sont des milliers (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Il est l&#224;, il s'ennuie, il y a la t&#233;l&#233;, mais &#231;a isole. Il a soif de communication. L'amour il le pratique 365 jours par an. C'est facile il est p&#233;d&#233;. Quand il s'ennuie il s'adonne &#224; cette drogue tant pris&#233;e de sa condition humaine. Ce n'est pas un guerrier m&#234;me si parfois l'amour s'en ressent.
C'est facile dans son monde, toutes les fronti&#232;res tombent, sur internet ou dans la rue, il suffit d'y aller, sans montrer trop d'exigences il trouvera forc&#233;ment. Il n'est pas tout seul &#224; s'ennuyer, ils sont des milliers comme lui derri&#232;re l'&#233;cran. Il veut juste partager son envie de partager, juste ne pas oublier qu'il n'est pas tout seul. Il y en a des milliers comme lui, qui cherchent un miroir, pour finalement oublier, qu'ils ne sont pas tout &#224; fait comme Dieu nous aurait fait.
Alors sur internet, il parcourt les pages d' un grand livre de s&#233;duction salaces au premier degr&#233;, certains disent qu'ils cherchent l'amour pour oublier qu'ils sont p&#233;d&#233;s. Ceux qui leur r&#233;pondent le cherchent aussi, ils finissent par se voir, puis pr&#233;textant le grand A ils pratiquent le petit. Il y a ceux, moins illusionn&#233;s, qui n'invoquent rien, s'entre-prostituant, ils s'aident mutuellement &#224; crier, finalement, qu'ils ne sont pas seuls &#224; &#234;tre diff&#233;rents.
Il aurait de beaux enfants, il est beau, jeune, mais il est p&#233;d&#233; alors il sera seul. L'id&#233;e, parfois, qu'il ne construira pas, il ne l'accepte pas, pour oublier, il &#233;teint la t&#233;l&#233;, il y a internet juste &#224; c&#244;t&#233;. Il aimerait &#234;tre &#224; deux derri&#232;re la t&#233;l&#233;. Il a d&#233;j&#224; essay&#233; mais &#231;a ne dure jamais assez pour imaginer No&#235;l prochain en &#171; famille &#187; sans famille, tout seul finalement. Et pour oublier, c'est facile il est p&#233;d&#233;, il y a le sauna, le backroom, les regards furtifs dans les librairies de p&#233;d&#233;s, il y a internet aussi, parce que l&#224;-bas, il a le choix et que le grand A et le petit finissent toujours par se confondre. C'est facile, comme &#231;a, s'il n'est pas exigeant il trouvera forc&#233;ment. C'est facile chez les p&#233;d&#233;s de faire l'amour 365 jours par an.&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>#5 D&#233;construire la domination dans un couple h&#233;t&#233;rosexuel ?</title>
		<link>http://gendertrouble.org/article161.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://gendertrouble.org/article161.html</guid>
		<dc:date>2007-07-07T12:16:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>hester</dc:creator>

<category domain="http://gendertrouble.org/rubrique7.html">Texts</category>

		<dc:subject>Relations affectives</dc:subject>
		<dc:subject>Genres en d&#233;construction</dc:subject>
		<dc:subject>Oppression des femmes</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;quatre textes (plus un) compos&#233;s d'extraits d'un &#233;change de lettres entre une fille et un gar&#231;on qui ont partag&#233; il y a quelques ann&#233;es une relation amoureuse qui se voulait &quot;moderne&quot; (= qui int&#233;grait la question de la d&#233;construction f&#233;ministe).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-&#234;tre peuvent-ils servir de t&#233;moignage sur les difficult&#233;s d'int&#233;grer la lutte f&#233;ministe au sein du couple h&#233;t&#233;rosexuel. Certains passages t&#233;moignent de la violence v&#233;cue lors de relations sexuelles.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://gendertrouble.org/mot20.html" rel="tag"&gt;Genres en d&#233;construction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://gendertrouble.org/mot21.html" rel="tag"&gt;Oppression des femmes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Epilogue&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai du mal &#224; retrouver mon &#233;quilibre depuis que j'ai retouch&#233; &#224; ces lettres. C'est fou comme ce malaise reprend possession de moi et s'installe librement dans mes souvenirs. Moi qui croyais avoir totalement d&#233;passer cela... Il reste des traces. Il restera toujours des traces. Souvent, celles-ci n'emp&#234;chent pas de continuer &#224; marcher. Mais parfois, lorsque l'on regarde un peu trop en arri&#232;re, le cou se bloque, et ce chemin tel qu'il a &#233;t&#233; parcouru nous obs&#232;de. Ai-je r&#233;ellement v&#233;cue cette violence ? Comme il est facile de croire que l'on oubli. Comme il est facile de se croire toujours forte et au dessus des probl&#232;mes. Mais ceux-ci peuvent nous rattraper, parfois. Comment les solutionner ? Je crois avoir besoin d'un clash, de quelque chose qui permette d'exprimer au grand jour ce malaise si pr&#233;gnant en moi. Recommencer &#224; croire que l'on peut agir sur ces choses, reprendre confiance dans l'effort de d&#233;construction commun, dans le partage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ce que j'ai commenc&#233; &#224; faire en rendant public cet &#233;change de lettre... Mais cela &#224; ouvert la plaie. Depuis, je ne sais o&#249; aller. Vers quels chemins me tourner. Les traces me rattrapent... Elles m'engloutissent. Je relis trois, quatre, cinq, vingt fois ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit. C'est l&#224;, juste l&#224;. Les traces &#233;crites ne mentent pas : il est plus difficile de chercher &#224; les adapter, &#224; les limiter. Elles sont l&#224;, et ces mots m'obs&#232;dent. &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;... il n'a pas fui ses responsabilit&#233;s. Il est simplement parti. Moi, je suis rest&#233;e seule. Avec mon amertume. Parce que moi, j'attendais ses excuses. Je les attends toujours&lt;/i&gt; &#187;...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est vrai, je les attends toujours. Je me souviens, apr&#232;s notre rupture, que je r&#234;vais souvent de le recroiser dans un quelconque espace public, simplement pour lui crier &#224; la face toute la violence qui restait contenue en moi. Toute la d&#233;ception. Mais je ne pouvais m&#234;me pas. Je ne pouvais rien faire d'autre que penser. Penser seule &#224; cette violence. Plus de &#171; toi &#187; : &#171; lui &#187;, il ne pensait plus &#224; &#231;a. L'espace commun, ce &#171; nous &#187; si puissant et r&#233;confortant qui offre la s&#233;curit&#233; de l'amour et du r&#233;confort, il n'existait plus. Le &#171; toi &#187; s'est &#233;chapp&#233;, et le &#171; moi &#187; reste seule avec dans les mains une vieille peau d'un animal qui a mu&#233; et est parti plus loin. Tu tiens toujours dans les mains cette peau. Mais elle ne contient plus rien. Tu restes avec un peau morte dans les mains. Tu es seule. Avec ton amertume.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai mis du temps pour retrouver mon &#233;quilibre, apr&#232;s cette histoire l&#224;. Bien s&#251;r, ce n'est jamais simple d'assumer une rupture, quelle qu'elle soit, lorsqu'elle est engag&#233;e par l'autre. Mais il me semble que le malaise comportait une autre dimension. Parce que j'avais perdue confiance dans la confiance que j'accordais aux autres. J'avais perdue confiance en moi. Accepter la d&#233;faite : tu avais cru pourvoir &#234;tre plus forte que la structure d'oppression. Tu t'&#233;tais cru capable de ma&#238;triser la violence. Non. Non, ma fille. Elle t'a rattrap&#233;. Alors m&#234;me que tu pensais l'identifier et la combattre, elle te rattrapait. Elle te d&#233;passait. Cela en vaut-il la peine ? Puis-je l'accepter ? Je n'ai pas &#233;t&#233; assez forte. Mais on n'est jamais assez forte seule contre l'oppression. C'est le principe, mais l'accepter, c'est aussi accepter une d&#233;faite personnelle. Oui, mais moi ? Toi, tu es comme les autres. Toutes ces femmes qui ne s'en sortent pas, qui se poussent, qui poussent leur corps pour perdre, ou oublier, cacher leur malaise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s lui, je me suis dis que je ne recommencerais plus jamais. Il a gard&#233; malgr&#233; tout longtemps dans mon imaginaire l'&#233;tiquette du 'moins pire des hommes'. Si cela n'a pas march&#233; avec lui, cela ne pourra marcher avec aucun autre. Il s'agit d'une d&#233;faite face au patriarcat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai mis longtemps pour comprendre que cette id&#233;e m&#234;me avait particip&#233; au probl&#232;me. Parce qu'en tant que bonne f&#233;ministe, je me suis pr&#233;par&#233;e &#224; affronter &#171; le patriarcat qui vit dans mon homme &#187;. Mon homme n'&#233;tait pas au fond le vrai responsable. Le vrai responsable, c'&#233;tait l'autre : le patriarcat ; lui, le mien, restait finalement en dehors de cela. C'est FAUX. &#171; Lui &#187; est responsable. Lui m'a agress&#233;, m'a fait mal, a fait semblant de m'&#233;couter, de chercher &#224; changer, et puis est parti ailleurs. &#171; Lui &#187;, qui n'est plus l&#224;. Le probl&#232;me transcende celui du &#171; eux &#187;, m&#234;me le &#171; eux &#187; dans le &#171; toi &#187;. Il n'y a pas deux &#171; toi &#187;, mais un seul. Le m&#234;me qui m'aime et qui m'agresse. Surtout, il n'y a plus qu'un seul &#171; lui &#187;. Penser au &#171; eux &#187; m'a emp&#234;ch&#233; quelque part de r&#233;aliser l'ampleur du probl&#232;me entre nous, et sa responsabilit&#233;, &#224; &#171; lui &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Lui &#187; est coupable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toute cette violence. Je suis encore &#233;tonn&#233;e de cette violence revenue comme un boomerang depuis ces derniers jours. Cette histoire, je pensais l'avoir rang&#233;e dans un coin de mon parcours. Il me semblait avoir fait un bout de chemin depuis. De temps en temps, l'amertume nous fait un clin d'oeil. Mais j'ai retrouv&#233;e confiance. J'ai retrouv&#233;e mon &#233;quilibre, et ma confiance dans les gens autour de moi. Depuis, j'ai fait du chemin avec d'autres femmes, et avec certains hommes. Depuis, j'ai rencontr&#233; un autre gar&#231;on qui m'a permis de r&#233;aliser qu'il est peut &#234;tre toujours possible de partager quelque chose de magnifique, m&#234;me dans l'intimit&#233;. Cela d&#233;pend aussi du &#171; lui &#187;. Depuis, j'ai fait du chemin pour comprendre qu'il &#233;tait possible de ne pas &#234;tre l'otage de l'amour h&#233;t&#233;rosexuel. L'amour, la confiance, la d&#233;construction, je peux aussi - et surtout - les trouver ailleurs. Je ne suis pas, je ne suis plus d&#233;pendante d'&#171; eux &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour moi, cette relation m'a laiss&#233; une trace qui m'a permis de r&#233;fl&#233;chir : parce que cette trace avait &#233;t&#233; tr&#232;s lisible, visible. Parce que cette trace &#233;tait &#233;crite. Mais des traces, il y en a eu beaucoup d'autres. Des moins lisibles, des moins visibles, des non-avou&#233;es, des non-per&#231;ues, des cach&#233;es, des qui s'effacent avec le temps. Celles-ci ne me permettrons pas de r&#233;fl&#233;chir sur elles, de les exprimer. Et pourtant, elles sont toujours l&#224;, quelque part. Sous le silence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une trace devient-elle plus grave, plus importante lorsqu'elle devient visible ? Je ne crois pas. Elle devient simplement visible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques jours avant de remettre en forme ces lettres, je discutais avec un ami de cette relation. Il me questionnait pour essayer de comprendre en quoi je pouvais dire que celle-ci avait &#233;t&#233; agressante pour moi. Je n'ai pas r&#233;ussi &#224; lui r&#233;pondre. J'&#233;tais d&#233;sempar&#233;e : je gardais le souvenir de l'oppression, mais je ne me souvenais plus vraiment des faits. Je me suis sentie mal &#224; l'aise : quelque part, il me demandait des comptes, il me demandait d'&#234;tre convaincu par la situation. Je ne pouvais t&#233;moigner que de mon ressenti. Je ne pouvais pas le convaincre des faits. C'est pour cela que j'ai choisi de rendre publiques ces lettres. Parce qu'il me semble qu'elles peuvent t&#233;moigner, en s'appuyant sur une description d&#233;taill&#233;e de certains faits, de la complexit&#233; de situations d'oppression.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;REBELLE FEMINISTE&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Genr'Radical : http://www.antipatriarcat.org/radical/titre.php ?id_chanson=rebelle&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;spip_poesie&quot;&gt;
&lt;div&gt;Traqu&#233;e dans un caf&#233;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;j'aurais pu te voir venir&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais saisie par l'intensit&#233;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;j'me suis plut&#244;t laiss&#233;e s&#233;duire&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;C'est par ta grande humanit&#233;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;ton image d'homme charismatique&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;que t'as envahi mon intimit&#233;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;par tes ptits jeux et tes r&#233;pliques&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais savais tu que t'es dangereux&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;quand tu t'amuses avec nos cerveaux&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;ce que t aime c est d'voir monter le feu&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et mettre nos croyances en morceaux&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Le respect tu sais pas c est quoi&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;t'avais horreur que je dise ce mot&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais c'est pas juste les hommes qui y ont droit&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;c est mon estime que t'a mis K.O.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;C'est facile de se camoufler &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;derri&#232;re une job d'intervenant&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais c'est pas part tes belles pens&#233;es &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;que t'es vraiment un militant&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Oh c'est beau de se dire &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;pacifiste, f&#233;ministe ou anarchiste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais ton coeur est capitaliste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;j'en ai subi les injustices&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;C'est beau de se dire &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;pacifiste, f&#233;ministe ou anarchiste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais ton coeur est capitaliste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;j'en ai subi les injustices.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;T'as r&#233;ussi &#224; me trouver &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mille et un d&#233;fauts imaginaires&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;j'en perdais mon identit&#233;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;j'&#233;tais coupable de respirer l'air&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;C'est fou comme les gens controlants&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;veulent faire vibrer nos &#233;motions&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;pour eux &#231;a semble rassurant&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais c'est de la pure domination&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Si j'avais le courage de me d&#233;fendre&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;j'&#233;tais susceptible ou ignorante&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;oh y'en a marre de te comprendre&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;dis moi donc que je suis intol&#233;rante&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Depuis quand qu'on agresse quelqu'une &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;en finissant par des je t'aime&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;oh oui &#231;a fait bien des lunes &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;que la violence &#233;crase les m&#234;mes&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Pour toi c'est pas une agression &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;que de voler &#224; l'autre ce qu'elle a de meilleure&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;de remettre toute sa vie en question&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;de la rabaisser ou de lui faire peur&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Oh c'est beau de se dire &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;pacifiste, f&#233;ministe ou anarchiste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais ton coeur est capitaliste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;j'en ai subi les injustices&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;C'est beau de se dire &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;pacifiste, f&#233;ministe ou anarchiste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais ton coeur est capitaliste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;j'en ai subi les injustices.&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;J'ai compris que t'&#233;tais un maniaque&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;pis qu't'avais une gueule de macho&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Oh j'ai pris mes cliques pis ma claque&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;j'&#233;tais en train de caler sous l'eau&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Ca commence comme un conte de f&#233;e&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;&#231;a finit en descente aux enfers&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;l'amour sans borne de la poup&#233;e &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;devenue l'ind&#233;pendante guerri&#232;re&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;C'est facile de te camoufler &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;derri&#232;re ton image h&#233;ro&#239;que&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;d'un homme social qu'est bien aim&#233;&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais au fond qui est pas mal plastique&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Depuis que je suis plus ton objet&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;c'est dure pour toi de me dire salut&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;parce que t'as perdu ton jouet &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et que mon &#233;quilibre est revenu&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Si le pardon mesure l'amour&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;et que c'est l'autre joue qu'il faut donner&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;oh moi j' pr&#233;f&#232;re passer mon tour&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;rester une sorci&#232;re enrag&#233;e&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;C'est beau de se dire humaniste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Mais reste que t'es un int&#233;griste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais moi je me l&#232;ve et puis je r&#233;siste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;j'demeure une rebelle f&#233;ministe&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;C'est beau de se dire humaniste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;reste que t'es un int&#233;griste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt;mais moi je me l&#232;ve et puis je r&#233;siste&lt;/div&gt;
&lt;div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;J'demeure une rebelle f&#233;ministe&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>



	<item>
		<title># 4 D&#233;construire la domination dans un couple h&#233;t&#233;rosexuel ?</title>
		<link>http://gendertrouble.org/article160.html</link>
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		<dc:date>2007-07-07T12:14:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>hester</dc:creator>

<category domain="http://gendertrouble.org/rubrique7.html">Texts</category>

		<dc:subject>Relations affectives</dc:subject>
		<dc:subject>Genres en d&#233;construction</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;quatre textes compos&#233;s d'extraits d'un &#233;change de lettres entre une fille et un gar&#231;on qui ont partag&#233; il y a quelques ann&#233;es une relation amoureuse qui se voulait &quot;moderne&quot; (= qui int&#233;grait la question de la d&#233;construction f&#233;ministe).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-&#234;tre peuvent-ils servir de t&#233;moignage sur les difficult&#233;s d'int&#233;grer la lutte f&#233;ministe au sein du couple h&#233;t&#233;rosexuel. Certains passages t&#233;moignent de la violence v&#233;cue lors de relations sexuelles.&lt;/p&gt;

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/ 
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&lt;a href="http://gendertrouble.org/mot20.html" rel="tag"&gt;Genres en d&#233;construction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Voici des extraits d'une de ses r&#233;ponses.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s avoir re&#231;u la seconde lettre (&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; rebelle f&#233;ministe&lt;/i&gt; &#187;) o&#249; je le mettais violemment en cause, mon copain m'a renvoy&#233; une lettre o&#249; il &#233;tait tr&#232;s affect&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ca fait 6 heures que j'ai lu ta lettre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai encore mal au bide.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et je sais pourquoi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Difficile. Quand je relis ta lettre, je me d&#233;go&#251;te vraiment. Difficile de te parler, de t'&#233;crire. Je te l'ai dit dans mes premiers retours par mail, je te remercie. Ou plut&#244;t, je salue ton courage, et l'ensemble du travail que tu fais, pour toi, et aussi pour moi en un sens. C'est difficile d'avoir un retour en miroir comme &#231;a. Mais c'est juste. Je pense que ce que tu dis est juste. Je pense aussi que je n'ai pas fini - peut-on jamais avoir fini ?- de r&#233;fl&#233;chir &#224; pourquoi, comment j'ai &#233;tait format&#233; comme &#231;a, pourquoi je suis responsable de choses qui me d&#233;becte... facilit&#233; ? aveuglement ? m&#233;pris de l'autre ? masculinisme ? formatage ? peut-&#234;tre un peu de tout &#224; la fois, et s&#251;rement plus &#224; la fois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, je voulais te dire, je pense que tu le sais, mais je pr&#233;f&#232;re te le dire, que ce n'est pas ce que je veux &#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'oppression g&#233;n&#233;rale que subissent les femmes est une r&#233;alit&#233;, que j'ai appris &#224; reconna&#238;tre, &#224; identifier, &#224; combattre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais sans comportement individuel, c'est &#233;vident que c'est de la merde th&#233;orique. Et je me suis comport&#233; comme une merde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je crois que tout &#224; l'heure, je n'aurais pas &#233;t&#233; capable de te regarder dans les yeux mon amour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les larmes montent.. Quand j'y repense.. Je t'ai fait souffrir physiquement, psychiquement et moralement. Je ne sais si des excuses peuvent &#234;tre permises, mais je souhaite les formuler. Je le ferais physiquement. Quand nous nous reverrons.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je tiens &#224; te dire, encore, que je souhaite continuer avec toi &#224; &#233;voluer, &#224; ne pas rester une merde sexisante. Je ne cherche pas &#224; me plaindre. Je ne cherche pas &#224; fuir mes responsabilit&#233;s. Je ne veux pas &#202;TRE ce que je pourrais &#234;tre. Ce que j'ai pu &#234;tre. Je crois qu'on peut changer, et je suis persuad&#233; qu'avec toi, qu'ensemble c'est possible. Je ne pense pas &#234;tre tr&#232;s coh&#233;rent, mais j'avais besoin de t'&#233;crire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'aimerais te voir. J'aimerais te sentir. J'aimerais te go&#251;ter. J'aimerais te toucher. J'aimerais t'entendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne peux que penser. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous nous sommes revus quelques mois plus tard. Il n'y a eu aucune excuse. La vie avait avanc&#233; : il avait rencontr&#233; quelqu'une d'autre. Cet &#233;l&#233;ment - nous avions convenu d'une relation non-exclusive - a pris toute la place. Il n'a pas fui ses responsabilit&#233;s. Il est simplement parti. Moi, je suis rest&#233;e seule. Avec mon amertume. Parce que moi, j'attendais ses excuses. Je les attends toujours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title># 3 D&#233;construire la domination dans un couple h&#233;t&#233;rosexuel ?</title>
		<link>http://gendertrouble.org/article159.html</link>
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		<dc:date>2007-06-28T17:51:01Z</dc:date>
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<category domain="http://gendertrouble.org/rubrique7.html">Texts</category>

		<dc:subject>Relations affectives</dc:subject>
		<dc:subject>Genres en d&#233;construction</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;quatre textes compos&#233;s d'extraits d'un &#233;change de lettres entre une fille et un gar&#231;on qui ont partag&#233; il y a quelques ann&#233;es une relation amoureuse qui se voulait &quot;moderne&quot; (= qui int&#233;grait la question de la d&#233;construction f&#233;ministe).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-&#234;tre peuvent-ils servir de t&#233;moignage sur les difficult&#233;s d'int&#233;grer la lutte f&#233;ministe au sein du couple h&#233;t&#233;rosexuel. Certains passages t&#233;moignent de la violence v&#233;cue lors de relations sexuelles.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Voici des extraits d'une troisi&#232;me lettre.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#202;tre femme, c'est tous les jours de l'action directe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je doute. Je doute de tes capacit&#233;s et de tes envies de d&#233;construction. Je doute que tu sois pr&#234;t &#224; faire les efforts dont j'ai besoin. Je doute de la possibilit&#233; d'un r&#233;el changement et &#233;volution. Je doute de mon envie &#224; m'&#233;puiser pour faire changer par un petit coin notre relation. Ras le bol. J'en ai marre de faire des efforts.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai encore l'impression que c'est &#224; moi de faire attention, d'amener les choses doucement, de ne pas trop t'agresser, de construire le bon moment, d'assumer, de me responsabiliser pour ce que j'am&#232;ne... tabarnak une bonne fois pour toutes va-t-il &#234;tre possible d'int&#233;grer que dans l'histoire, l'agression vient de toi ? Je n'ai pas &#224; assumer que le fait de l'exprimer puisse &#234;tre violent. Je n'ai pas &#224; devoir seule me confronter &#224; toi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et c'est le cas. Non seulement tu n'am&#232;nes pas par toi-m&#234;me ni l'espace pour en parler ni le fond, mais tu te sens attaqu&#233; quand j'aborde le sujet. Tu n'as pas d'altitude proactive, mais bien plus d&#233;fensive. &#201;videmment que lorsque je r&#233;alise des choses sur moi, lorsque je r&#233;alise que j'ai &#233;t&#233; agress&#233;e ou bien compl&#232;tement discrimin&#233;e sexuellement, c'est s&#251;r que &#231;a a des effets sur toi : est-ce que j'ai besoin d'avoir &#224; me justifier ? &#192; m'excuser de r&#233;aliser que si j'ai &#233;t&#233; agress&#233;e, c'est parce que tu &#233;tais mon agresseur ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Va p&#233;ter dans les fleurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi une telle rage depuis hier soir ? Vraiment, elle m'&#233;tonne un peu. Mais si elle peut para&#238;tre d&#233;connect&#233;e, elle n'en est pas moins fond&#233;e. Et pour une fois j'ai envie de l'exprimer, pour moi. C'est s&#251;r que la journ&#233;e de samedi m'a permis une remise &#224; neuf quant &#224; mes r&#233;flexions sur moi. Et puis je ne sais pas pourquoi la discussion de hier soir m'a rendue tellement furieuse ensuite... Le peu d'espoir que j'avais d'arriver &#224; partager avec toi d'une fa&#231;on un peu plus facile ce que je venais de r&#233;aliser s'est bien vite &#233;croul&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est s&#251;r que la distance fausse l'appr&#233;ciation de la situation et emp&#234;che de r&#233;elles avanc&#233;es collectives. Je sais qu'il faut faire attention. Mais j'en ai ras le pompon. Et puis quand je regarde en arri&#232;re &#231;a n'est pas tr&#232;s encourageant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je regarde l'effet de ma derni&#232;re lettre, celui que je per&#231;ois en tout cas : 2 ou 3 jours d'instabilit&#233; et d'&#233;branlement, et puis ? on passe &#224; autre chose ? Cette lettre m'a beaucoup &#233;branl&#233;e. Parce que je r&#233;alisais le potentiel de violence dans ce que j'exprimais. Parce que c'est sur moi que pesait cette violence, et sa responsabilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et les premiers jours, ce que j'ai ressenti c'est sacrement mais j'aurais d&#251; faire &#231;a depuis le d&#233;but ! C'est comme si pour la premi&#232;re fois tu r&#233;agissais vraiment &#224; une de mes interpellations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais sacrement, il y en a eu d'autres avant ! Est-ce que tu n'avais pas jug&#233; le fond suffisamment pertinent les fois pr&#233;c&#233;dentes ? Ou bien la forme ne t'avait-elle pas touch&#233; ? &#199;a fait r&#233;fl&#233;chir. Parce que pour moi la derni&#232;re lettre, m&#234;me si j'avais opt&#233; c'est vrai pour une forme bien plus confrontante, ne portait pas un message mille fois plus lourd que les autres. La forme de notre sexualit&#233; et le d&#233;s&#233;quilibre entre nous est pour moi tout aussi important, voir plus grave, que les moments explicitement agressants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je r&#233;alise que tous les efforts que j'ai fait pr&#233;c&#233;demment n'ont pas chang&#233; grand-chose. En tout cas pas assez de choses. Ils n'ont pas &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;s &#224; une r&#233;flexion profonde et quotidienne. &#199;a me fait peur pour la suite. Et le fait que ma derni&#232;re lettre semble d&#233;j&#224; rel&#233;gu&#233;e &#224; un second plan n'augure rien de bon.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'envisage aujourd'hui une r&#233;elle r&#233;volution dans ma sexualit&#233;. Une remise en question profonde. Un renversement de vapeurs qui r&#233;interroge tous les acquis. Je ne sens ni cette envie chez toi, ni l'espace pour la mettre en avant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai peur d'&#234;tre prisonni&#232;re de notre banalit&#233;. Des choses qui semblent acquises entre nous. De tes exigences et de tes peurs irr&#233;ductibles. De mes habitudes. De mon manque de courage et de force. De toi. De moi. Du nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne me sens pas, plus capable d'assumer seule. &quot;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



	<item>
		<title># 2 D&#233;construire la domination dans un couple h&#233;t&#233;rosexuel ?</title>
		<link>http://gendertrouble.org/article158.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://gendertrouble.org/article158.html</guid>
		<dc:date>2007-06-28T17:45:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>hester</dc:creator>

<category domain="http://gendertrouble.org/rubrique7.html">Texts</category>

		<dc:subject>Relations affectives</dc:subject>
		<dc:subject>Genres en d&#233;construction</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;quatre textes compos&#233;s d'extraits d'un &#233;change de lettres entre une fille et un gar&#231;on qui ont partag&#233; il y a quelques ann&#233;es une relation amoureuse qui se voulait &quot;moderne&quot; (= qui int&#233;grait la question de la d&#233;construction f&#233;ministe).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut &#234;tre peuvent-ils servir de t&#233;moignage sur les difficult&#233;s d'int&#233;grer la lutte f&#233;ministe au sein du couple h&#233;t&#233;rosexuel. Certains passages t&#233;moignent de la violence v&#233;cue lors de relations sexuelles.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Voici des extraits d'une seconde lettre.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Rebelle f&#233;ministe.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je prends du poil de la b&#234;te. D&#233;cid&#233;ment ces espaces non-mixtes m'apportent beaucoup. Ils me permettent et me donnent envie de me mettre dans une posture de confrontation. Ils me permettent d'une part de r&#233;aliser certaines choses, de faire des liens, et d'autre part de r&#233;aliser que la seule mani&#232;re de faire &#233;voluer les choses est d'en parler. En cette mati&#232;re, les sous-entendus ne marchent pas, ou peu. La confiance dans l'initiative et la d&#233;construction de l'autre non plus. Non pas que les choses n'ont pas &#233;volu&#233; entre nous ni que tu sois un gros salaud, loin de l&#224;. Mais tu es un gar&#231;on et je suis de plus en plus convaincue de l'existence d'un antagonisme et de la n&#233;cessit&#233; d'une lutte davantage affirm&#233;e, que ce soit dans des cadres publics ou priv&#233;s. Je veux te rentrer dedans. Je ne veux plus ou pas te m&#233;nager, me m&#233;nager ou nous m&#233;nager. Je cherche l'intransigeance. Je pousse &#224; la confrontation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi maintenant ? Ce n'est pas la premi&#232;re fois, ni le premier essai. Ni la premi&#232;re &#233;tape. Cette posture s'inscrit dans un processus continu, enclench&#233; depuis le d&#233;part. Mais elle franchit un degr&#233;, certainement. Je ne veux plus prendre des pincettes. Recommencer les m&#234;mes erreurs. Retomber dans les m&#234;mes situations. D'autres contextes ont apport&#233; d'autres avanc&#233;es, c'est s&#251;r. Mais j'ai chang&#233; d'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je pars d'un pr&#233;alable qui me para&#238;t clair, mais que je vais tout de m&#234;me rappeler : le fait de parler par cet angle de vue de notre relation ne remet absolument pas en cause le reste. Ce que j'ai pu ou que je peux dire sur notre relation. Et si j'arrive aujourd'hui &#224; exprimer ces choses c'est parce que j'esp&#232;re qu'entre nous il existe suffisamment de libert&#233; de parole pour se dire r&#233;ellement les choses. Le fait d'&#233;crire cette lettre pour moi ne change pas ce que j'ai pu ressentir par ailleurs. C'est s&#251;r qu'elle va peut-&#234;tre par contre t'apporter des &#233;l&#233;ments nouveaux &#224; toi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout n'est pas noir dans le tableau, loin de l&#224;. D'ailleurs c'est pas pour rien que je suis attach&#233;e &#224; toi. Mais &#231;a n'est pas de &#231;a que je veux parler tout de suite : ce qui m'int&#233;resse ici, c'est ce qui ne va pas. Et il y en a, des choses qui ne vont pas. Pour moi en tout cas. Quant &#224; toi je ne sais toujours pas : j'ai l'impression que nous n'avons que rarement abord&#233; cette question, non pourtant sans avoir essay&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne sais par quoi avancer. En fait ces derniers jours je reviens particuli&#232;rement sur ce qui s'est pass&#233; lorsque nous &#233;tions en vacances, chez toi. Ce que tu peux peut &#234;tre consid&#233;rer comme un vieux truc sur lequel il serait vain de revenir constitue pour moi une question essentielle, et non r&#233;gl&#233;e. Essentielle d&#232;s le d&#233;part car elle m'imposait de r&#233;fl&#233;chir sur la r&#233;action violente que j'ai eu le soir du loup-garou. R&#233;action qui m'a surprise, d&#233;sorient&#233;e et interrog&#233;e. Cette r&#233;action &#233;tait loin d'&#234;tre anodine, en tout cas pour moi. Essentielle aussi car suite &#224; cette r&#233;action j'ai adopt&#233; tr&#232;s radicalement une altitude de critique personnelle et d'excuse envers toi. Bref, je ne ma&#238;trisai pas les &#233;v&#232;nements, et dans un sens comme dans l'autre j'ai agi de mani&#232;re tr&#232;s affirm&#233;e et orient&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je dois, je devais trouver les raisons et les explications. Bien s&#251;r, il y a ce contexte de voyage, de stress, de pressions et d'instabilit&#233; qui a jou&#233;, &#224; ce moment-l&#224; comme &#224; d'autres. Mais il y a autre chose. Quelque chose de plus profond.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai encore de la difficult&#233; &#224; saisir pleinement cette chose. Mais elle est selon moi partie int&#233;grante de nos rapports intimes. Je comprend de plus en plus nettement le r&#244;le de la femme aigrie et violente qui se discr&#233;dite enti&#232;rement en public alors qu'elle se trouve dans une position intenable par rapport &#224; son compagnon qui la domine en priv&#233;e. Je ne dis pas que c'est notre situation. Mais je pense que ce soir l&#224; des questions personnelles ont bav&#233; dans un contexte public, me donnant un r&#244;le d'incoh&#233;rence et un air d&#233;sagr&#233;able. Un contexte qui m'a &#233;t&#233; tr&#232;s difficile, voir intenable par rapport &#224; tes amis. Contexte que tu as encore accentu&#233; par ta lourdeur alcoolique de mec qui comprend rien. Contexte qui m'a amen&#233; &#224; faire des excuses car effectivement mon comportement tel qu'il est apparu cette soir&#233;e l&#224; paraissait irrationnel et d&#233;sagr&#233;able.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Je m'explique. Enfin j'essaye. Du d&#233;but, ou plut&#244;t d'un d&#233;but : la veille.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette soir&#233;e-l&#224;, sur laquelle on n'est jamais revenus, j'esp&#232;re que tu y as repens&#233; de ton c&#244;t&#233;. J'esp&#232;re, et j'en doute en m&#234;me temps. Avec le recul, je caract&#233;rise en plein connaissance de cause ce qui s'est pass&#233; comme une altitude et un comportement grave de ta part. Pas facile d'utiliser les bons termes. Je ne les connais pas. Tu &#233;tais compl&#232;tement soul. Bourr&#233;. Tu avais certainement en partie perdu ta capacit&#233; d'attention et de mesure de tes mouvements et de tes actes. &#192; vrai dire, moi aussi j'&#233;tais bourr&#233;, et beaucoup. Moi aussi j'avais en partie perdu mes capacit&#233;s de raisonnement et de ma&#238;trise de moi-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tu avais une r&#233;elle fr&#233;n&#233;sie de &#171; faire l'amour &#187; avec moi. Pour &#234;tre plus exacte, de me p&#233;n&#233;trer. Dans mon souvenir, je me revois comme un objet, une esp&#232;ce de truc que tu secouais dans tous les sens pour arriver &#224; tes fins. Je me revois me d&#233;tacher de la situation et me dire que quand m&#234;me tu ne pr&#234;tais aucune attention &#224; moi. Je me revois aussi &#224; plusieurs reprises te dire que tu &#233;tais compl&#232;tement en train de m'&#233;craser, de me secouer, de me pousser, de m'aplatir et de m'&#233;touffer. Je me revois me dire que j'aimerais bien que &#171; &#231;a finisse vite &#187;. Et je revois ta t&#234;te compl&#232;tement essouffl&#233;e de coureur qui a du mal &#224; arriver au bout de sa course et qui ne s'occupe de rien d'autre au monde que de sa queue. Et je peux te dire que c'est pas l'image la plus gratifiante que je garde de toi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne veux plus jamais me dire que j'ai envie que &#171; &#231;a finisse vite &#187;. Je n'ai pris aucun, aucun plaisir ce soir-l&#224;. Ce soir-l&#224;, j'ai &#233;t&#233; rabaiss&#233; dans mon r&#244;le de femme-trou. J'ai subi un rapport sexuel. Je n'ai pas suffisamment protest&#233; &#224; une situation qui m'agressait, tant dans mon int&#233;grit&#233; physique que morale. Je me suis sentie d&#233;grad&#233;e et sans pouvoir sur mon corps. Un vieil objet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'est trouv&#233; que tu avais tellement bu, que tu &#233;tais tellement bourr&#233; et plus ma&#238;tre de toi-m&#234;me que tu t'es &#233;tal&#233; avant de &#171; finir le travail &#187;. Et &#231;a m'a soulag&#233;e. Je pense que j'en &#233;tais arriv&#233;e &#224; un tel point que j'aurais peut-&#234;tre &#233;t&#233; capable sinon de t'&#233;jecter. Mais l&#224; est encore une autre question. Apr&#232;s &#231;a, tu es rest&#233; &#233;tal&#233; &#224; geindre et &#224; exiger de moi que j'aille chercher de l'eau car monsieur n'en pouvait plus, tout ce travail. Je crois que j'aurais &#233;t&#233; capable de te laisser crever. Non seulement tu avais abus&#233; de moi sans aucun respect, mais je devais continuer &#224; te servir ! je devais assumer le fait que tu &#233;tais incapable de te ma&#238;triser, et avec le sourire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et le pire, c'est que j'y suis all&#233;e !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nuit de sommeil. R&#233;veil. Il existe une capacit&#233; de confiance et de dialogue entre nous. Je prends mon souffle et j'exprime mon malaise sur la veille, ce que j'en saisis &#224; ce moment, en tout cas. &#201;videmment, c'est extr&#234;mement difficile d'aborder ce genre de chose. Quel genre d'altitude prendre ? Et oui, r&#233;flexe de fille bien &#233;duqu&#233;e, je cherche &#224; ne pas faire de mal &#224; l'autre. &#192; ne pas y aller de fa&#231;on trop offensive. Att&#233;nuer mes &#233;lans de f&#233;ministe frustr&#233;e parce que &#231;a pourrait trop te heurter, que de te dire que c'&#233;tait grave. Et puis aussi quand m&#234;me, avant de r&#233;ussir un &#224; admettre &#231;a et deux &#224; l'exprimer, ben fais-en des tours du monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N'emp&#234;che que je suis quand m&#234;me capable de m'exprimer. De dire que tu avais r&#233;ellement abus&#233;. Que c'&#233;tait pas normal. Que l'alcool transformait profond&#233;ment ton comportement et te rendait irrespectueux, envers moi. Qu'il ne faudrait plus reproduire ce type de situation. cela m'a fait du bien de r&#233;ussir &#224; m'exprimer. De me rendre compte que j'&#233;tais capable avec toi de d&#233;passer au moins par un petit bout le syst&#232;me dans lequel on est enferm&#233;. De voir qu'il me semblait que tu &#233;tais r&#233;ceptif &#224; ce que je disais. Tu as au final peu r&#233;agi : normal, il faut du temps pour accepter et d&#233;construire. Nous reviendrons par la suite, une fois les choses un peu dig&#233;r&#233;es, pour reparler profond&#233;ment de tout &#231;a. En tout cas je l'esp&#232;re &#224; ce moment-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au passage tout de m&#234;me une ou deux remarques qui me mettent mal &#224; l'aise. Tu reviens sur le fait que de toutes fa&#231;ons, tu as arr&#234;t&#233; avant que je ne te demande de le faire : sous-entendu peut-&#234;tre que cela te sauve des accusations trop directes d'irrespect de mon corps. Mh je ne suis pas capable de r&#233;agir sur le coup. C'est une question bien trop ample : l'incapacit&#233; des femmes &#224; r&#233;agir aux agressions. Leur &#233;ducation &#224; les accepter sans les remettre en cause. Je suis conform&#233;e &#224; accepter. Mais si je n'en viens pas &#224; me confronter directement &#224; toi, cela veut-il dire que tu n'as rien &#224; te reprocher ? Je consid&#232;re que non. Trois fois non. D'abord cette soir&#233;e-l&#224;, et par plusieurs reprises, je t'ai demand&#233; de te calmer, d'arr&#234;ter de m'&#233;craser et de me faire mal. Ensuite, ton comportement &#233;tait de mani&#232;re flagrante irrespectueuse et dominante sur moi. Je consid&#232;re que tu as un devoir de faire attention &#224; moi. Je ne suis pas dans l'histoire la seule responsable charg&#233;e d'emp&#234;cher les agressions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et on en vient &#224; une autre question. L'alcool, dans tout &#231;a. Ce soir-l&#224;, c'est s&#251;r, tu n'&#233;tais pas en possession de tous tes moyens. Et loin, tr&#232;s loin de l&#224;. Et moi aussi, j'avais bu. Ce qui a par ailleurs jou&#233; dans le fait que je n'arrive pas &#224; me r&#233;volter dans la situation. Mais peut-on mettre sur un m&#234;me plan ta non ma&#238;trise de toi et la mienne ? Le fait de boire m'a emp&#234;ch&#233;e de lutter contre une situation agressante pour moi. Le fait de boire t'a permis, ou encourag&#233; &#224; avoir un comportement agressant, ou irrespectueux. Bilan : je ne vais plus boire avec toi car je ne suis plus en situation de confiance. Demande envers toi : que tu r&#233;fl&#233;chisses plut&#244;t deux fois qu'une sur les cons&#233;quences de ton abus d'alcool, et que tu fasses un s&#233;rieux retour sur toi-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutes ces choses-l&#224;, confuses, pas claires le matin. J'essaye d'&#233;claircir tout &#231;a et sur le moment je suis assez contente car, malgr&#233; ces quelques points, j'ai l'impression que rien n'est perdu entre nous. Que tu y r&#233;fl&#233;chis et qu'on en reparlera.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et voil&#224; cette fameuse soir&#233;e. Contre toute attente, tu recommences &#224; boire, et comme un trou. On est le lendemain d'hier, je suis encore &#233;branl&#233;e, ce qui s'ajoute au fait que c'est une de nos derni&#232;res soir&#233;es, que je suis dans un environnement que je ne ma&#238;trise pas, que m&#234;me si je suis assur&#233;ment avec des gens sympas je reste dans ton univers. Je crois que le fait que tu boives me d&#233;go&#251;te un peu, &#224; ce moment. Je te fais les gros yeux. Tu ne r&#233;agis pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tu continues &#224; boire et &#224; t'en vanter. Alors que je te fais une remarque, tu t'&#233;cris en bon gars un peu gras qui s'amuse bien avec ces copains que de toutes fa&#231;ons tu peux boire comme un trou, puisque tu ne vas pas me baiser ce soir. Ce qui peut appara&#238;tre comme une blague grasse l&#233;gitime et respectable me touche. Bien s&#251;r je suis une petite femme sensible qui s'en prend un peu dans la gueule face &#224; son copain coalis&#233; avec ses potes. Rien de grave, que de l'anodin. Mais d&#233;sol&#233;, non. Ceci est une rupture de confiance. Tu te sers d'un &#233;l&#233;ment culpabilisant pour toi dans notre sph&#232;re priv&#233;e, un &#233;l&#233;ment grave, pour le tourner en d&#233;rision et bien para&#238;tre devant tes copains : au final tu me respectes par l&#224; puisque tu insinues que tu ne bois pas pour me baiser. Tu manipules et te r&#233;appropries des questions graves. Tu tournes en d&#233;rision une situation qui nous a pr&#233;occup&#233;-e-s le matin m&#234;me, au sein de laquelle j'ai exprim&#233; quelque chose de difficile et de violent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a des choses sur lesquelles on ne peut pas rigoler. Tu n'aurais jamais d&#251; te moquer de &#231;a. J'ai re&#231;u un message clair dans la gueule ce soir-l&#224;, m&#234;me s'il m'a fallu du temps pour le d&#233;coder : tu restes un gar&#231;on dans lequel je ne pourrais jamais avoir enti&#232;rement confiance. Je dois m'armer contre toi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tu peux intervenir pour dire que cette remarque &#233;tait anodine pour toi. Que tu avais d&#233;j&#224; bu et que &#231;a n'&#233;tait pas tr&#232;s important. Je pense le contraire. Effectivement tu as dis &#231;a sans grande r&#233;flexion : tu n'as fait que reproduire des rapports sexistes int&#233;rioris&#233;s. Effectivement tu avais un peu bu et tu te ma&#238;trisais moins : c'est justement la question que nous avions abord&#233;e la veille. L'alcool ne l&#233;gitime ni n'exclut pour moi aucune responsabilit&#233;. Et encore une fois j'exige de toi plus qu'un comportement banal de mec dominant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tu as continu&#233; &#224; boire ce soir-l&#224;. M&#234;me si tu ne t'en es pas rendu compte car tu &#233;tais d&#233;j&#224; trop bourr&#233;, j'ai cherch&#233; &#224; te faire comprendre &#224; plusieurs reprises mon malaise. Tu n'&#233;tais absolument pas r&#233;ceptif. Tu ne pr&#234;tais aucune attention &#224; moi. Je me souviens encore &#224; quel point je me suis sentie mal ce soir l&#224;. Et dans un espace sans repli, dans un contexte que je ne ma&#238;trisais pas : je ne pouvais ni partir, ni m'isoler. Je ne pouvais m&#234;me pas prendre de la distance par rapport &#224; toi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au final j'&#233;tais compl&#232;tement d&#233;sempar&#233;e. Je me souviens tr&#232;s bien m'&#234;tre dit que je prendrai mes cliques et mes claques d&#232;s le lendemain. Que je n'avais plus rien &#224; faire avec toi. Une fureur montait en moi contre toi, que je ne pouvais m&#234;me pas exprimer devant tout le monde. Non seulement tu n'as rien vu, mais quand tu as quand m&#234;me r&#233;alis&#233; que quelque chose n'allait pas, tu as eu un comportement horrible : compl&#232;tement bourr&#233;, tu as &#224; plusieurs reprises exig&#233; que je fasse des explications devant tout le monde. Tu m'as oblig&#233;e &#224; exprimer publiquement ma fureur envers toi, en passant par la m&#234;me pour une folle hyst&#233;rique devant tout le monde. &#192; ce moment-l&#224; je ne te demandais rien d'autre que de me foutre la paix et de rentrer dans un espace priv&#233; pour parler. Tu &#233;tais simplement incapable d'une quelconque ma&#238;trise de toi et de la situation. Et ce en raison de l'alcool que tu ingurgitais depuis le d&#233;but en te justifiant que tu ne me baiserais pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est s&#251;r, tu avais compris le message de la veille : tu y &#233;tais all&#233; un peu fort, alors tu allais faire un peu attention pour profiter de mon corps. Pour le reste, pas de probl&#232;me, le respect c'est pas pour moi. En tout cas, moi j'ai re&#231;u ce message.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me, c'est que j'ai du mal &#224; comprendre les choses. Ma fureur ce soir-l&#224; m'a compl&#232;tement engloutie. Tu m'as humili&#233;e publiquement tout en rompant la confiance entre nous. Assez pour que j'en revienne avec mes r&#233;flexes de fille bien &#233;duqu&#233;e et avec ton aide &#224; me dire que c'&#233;tait ma faute, que le probl&#232;me cette soir&#233;e-l&#224; venait de moi. Je n'en reviens pas, encore aujourd'hui, du tour qu'a pris notre discussion ce soir-l&#224;. Quelle d&#233;ception. J'&#233;tais d&#233;sempar&#233;e et compl&#232;tement d&#233;s&#233;quilibr&#233;e. Je cherchais de mani&#232;re intuitive &#224; faire les liens avec la veille pour comprendre mes r&#233;actions. Je me souviens m'&#234;tre avec toi &#233;loign&#233;e de ce lien : mon comportement n'avait aucun sens et &#233;tait devenue compl&#232;tement injustifi&#233;. Pire encore, tu as amen&#233; d'autres justifications : j'&#233;tais jalouse, je cherchais &#224; t'approprier en public...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne dis pas que quelque part ces raisons n'ont pas jou&#233;, m&#234;me si je doute fortement de leur place centrale dans le probl&#232;me. Ce que je dis aujourd'hui c'est que notre dialogue et notre travail commun sur le probl&#232;me a permis de s'&#233;loigner des questions r&#233;elles et des accusations qui te touchent. Nous n'avons pas r&#233;gl&#233; collectivement ce probl&#232;me, et je pense m'&#234;tre &#233;loign&#233;e avec toi d'une compr&#233;hension de la situation telle que je l'ai v&#233;cue. Et &#231;a me d&#233;&#231;oit beaucoup.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais l'histoire ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Apr&#232;s cette discussion et mes plates excuses, je m'en retournais dans une situation o&#249; j'&#233;tais la coupable. C'est moi qui avais des choses &#224; me faire pardonner. C'est moi qui t'avais agress&#233; et mis mal &#224; l'aise. C'est moi qui avais un comportement incoh&#233;rent, stupide et violent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Malgr&#233; tout, cette discussion m'a fait du bien sur certain point : oui, je suis tr&#232;s attach&#233;e &#224; toi et j'&#233;tais soulag&#233;e et &#233;branl&#233;e de me r&#233;concilier avec toi. Oui, j'avais envie d'&#234;tre proche de toi et de me d&#233;tendre dans tes bras. Besoin de crever des abc&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais non, je n'avais pas vraiment envie de rapports sexuels. Je me sentais trop d&#233;s&#233;quilibr&#233;e. Trop de choses avaient eu lieu pas dig&#233;r&#233;es. Le malaise &#233;tait toujours l&#224;, et le souvenir de la veille. Et puis n'oublions pas que tu &#233;tais toujours compl&#232;tement bourr&#233;. Mais je le dis non sans efforts, je me suis sentie oblig&#233;e de faire l'amour avec toi. Parce que j'&#233;tais coupable. Parce que c'&#233;tait de ma faute et que je t'avais fait du mal. Et parce que tu en avais envie. C'est d&#233;solant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne me souviens plus tr&#232;s bien. Je pense qu'au d&#233;but c'&#233;tait ni agr&#233;able ni vraiment d&#233;sagr&#233;able. Juste &#224; un moment je t'ai dit d'arr&#234;ter parce que j'en avais ras le bol. Et l&#224; tu as &#233;t&#233; carr&#233;ment lourdeau. Tu m'as signifi&#233; une bonne dizaine de fois que tu avais vraiment, vraiment envie de moi. Tu m'as suppli&#233; encore plus. &#192; ce moment-l&#224;, pour ma part je n'&#233;tais pas bourr&#233;. Je t'ai d'abord dit que je n'en avais pas envie. Mais &#231;a &#231;a avait pas l'air de compter, de te suffire. Il a fallu que je te prouve concr&#232;tement que ce n'&#233;tait pas possible, ni que tu me p&#233;n&#232;tres ni que je te suce puisqu'on venait de faire une sodomie et qu'on avait pas de pr&#233;servatif. Je me souviens que tu es all&#233; jusqu'&#224; dire que c'&#233;tait pas grave, que je prendrais une pilule le lendemain ! ! !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;solant. Encore une fois ce soir-l&#224; mon corps ne semblait avoir de signification que comme un objet en ta possession et ton utilisation. Mes d&#233;sirs et envies n'existaient m&#234;me pas. Ton d&#233;sir suppl&#233;ait tout.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je suis &#233;puis&#233;e d'&#233;crire tout &#231;a. Ces choses me touchent et me heurtent profond&#233;ment. Et plus j'en parle autour de moi plus je r&#233;alise que l'ensemble des filles vivent ce genre de choses de mani&#232;re quotidienne et anodine. Qu'avant d'arriver &#224; en prendre conscience, &#224; l'accepter, &#224; en parler, et &#224; le d&#233;passer, il y a un tel travail &#233;puisant que l'on se demande parfois si cela en vaut la peine. Cela en vaut-il la peine ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je pense encore que cela peut en valoir la peine. Mais je ne suis plus pr&#234;te &#224; assumer seule cette peine. J'avancerai avec les autres, ou sans eux. J'ai besoin de ton attention. Et de ton action.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autres choses &#224; parler, aussi. Une autre fois, peut-&#234;tre...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ma part je vais me coucher, et dormir.
Je te transmet mes pens&#233;es, esp&#232;re t'avoir &#233;branl&#233;, t'avoir touch&#233; pour avancer,
&#192; bient&#244;t ensemble&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le lendemain d'hier. L'histoire ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Nouvel &#233;pisode, le lendemain : chez mes parents. Je me souviens d'un repli de mon corps. Quelque chose que je ne ma&#238;trisais pas, que je ne comprenais pas. Je me sentais ultra-sensible et ne supportais pas que tu me touches. Je ne voyais pas les raisons, juste le r&#233;sultat : j'avais besoin d'une douceur &#233;norme de toi. Aujourd'hui, je comprends simplement que mon corps avait perdu confiance. Que m&#234;me si ma t&#234;te ne faisait pas les liens, mon corps prenait le relais. J'&#233;tais d&#233;sempar&#233;e par lui. Je ne comprenais pas. Alors comment te l'expliquer ? J'ai simplement essay&#233; de te dire ce que je ressentais. Que j'avais besoin d'aller doucement, tr&#232;s doucement. Qu'il fallait repartir sur un rythme ralenti. Que je sentais le besoin de me r&#233;adapter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tu as &#233;t&#233; d&#233;sorient&#233;, je m'en souviens. Ce qui m'a doublement d&#233;sorient&#233;e. Mais ta r&#233;action au final a &#233;t&#233; des plus mauvaises, ou des plus banales. Tu as exprim&#233; ton malaise. Et puis tu as dis que &#231;a te faisait chier de voir que peut-&#234;tre il y avait un probl&#232;me sexuel entre nous. Que tu n'avais plus envie de retomber dans tes souvenirs o&#249; l'on ne faisait plus l'amour &#171; normalement &#187;. J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s perturb&#233;e par tes remarques. Le fait d'exprimer tes malaises, c'est positif. Mais l&#224; tu cherchais &#224; nier mon propre malaise, &#224; passer outre et &#224; me culpabiliser de l'avoir, m&#234;me sans t'en rendre compte. Mes r&#233;actions ce soir-l&#224; d&#233;montraient un probl&#232;me, c'est s&#251;r. Mais au lieu de chercher &#224; le comprendre tu as retourn&#233; la question et mis au centre ton propre malaise. Ton malaise sur la possibilit&#233; de l'existence d'un malaise entre nous. Et quelque part tu m'as culpabilis&#233;e d'avoir mon malaise. Et tu as incit&#233; &#224; ignorer le probl&#232;me en me for&#231;ant plus ou moins &#224; retrouver un comportement &#171; normal &#187;, puisque c'&#233;tait mon comportement qui &#233;tait anormal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je me souviens &#224; ce moment-l&#224; t'avoir dit que je trouvais &#231;a un peu bizarre comme intervention. Que &#231;a pouvait passer pour une obligation &#224; faire l'amour pour ne pas se poser de questions. Pour ne pas te poser de questions et te d&#233;sorienter. Et je me souviens m'&#234;tre pouss&#233;e, avoir pouss&#233; mon corps pour perdre, ou oublier, cacher, mon malaise. Encore une fois, les efforts venaient de moi. Parce que je n'&#233;tais pas capable de comprendre, parce que je n'&#233;tais pas capable d'exprimer, parce que tu n'&#233;tais pas capable d'entendre, parce que je ne voulais pas te faire du mal. Tout simplement parce que c'est &#171; normal &#187;, banal comme situation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je n'en veux plus de cette banalit&#233;.
&quot;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title># 1 D&#233;construire la domination dans un couple h&#233;t&#233;rosexuel ?</title>
		<link>http://gendertrouble.org/article157.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://gendertrouble.org/article157.html</guid>
		<dc:date>2007-06-28T17:26:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>hester</dc:creator>

<category domain="http://gendertrouble.org/rubrique7.html">Texts</category>

		<dc:subject>Relations affectives</dc:subject>
		<dc:subject>Genres en d&#233;construction</dc:subject>

		<description>&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;quatre textes compos&#233;s d'extraits d'un &#233;change de lettres entre une fille et un gar&#231;on qui ont partag&#233; il y a quelques ann&#233;es une relation amoureuse qui se voulait &quot;moderne&quot; (= qui int&#233;grait la question de la d&#233;construction f&#233;ministe).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut &#234;tre peuvent-ils servir de t&#233;moignage sur les difficult&#233;s d'int&#233;grer la lutte f&#233;ministe au sein du couple h&#233;t&#233;rosexuel. Certains passages t&#233;moignent de la violence v&#233;cue lors de relations sexuelles.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://gendertrouble.org/rubrique7.html" rel="directory"&gt;Texts&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://gendertrouble.org/mot16.html" rel="tag"&gt;Relations affectives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://gendertrouble.org/mot20.html" rel="tag"&gt;Genres en d&#233;construction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Voici des extraits d'une premi&#232;re lettre.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;
&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Tentative d'explication&lt;/strong&gt;
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ou la n&#233;cessaire schizophr&#233;nie de la r&#233;flexion f&#233;ministe dans le cadre d'une relation amoureuse avec un gar&#231;on&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tu es mon copain. Quelqu'un avec qui j'essaye de cr&#233;er une relation. Quelqu'un que j'estime et avec qui j'ai envie d'avancer. Quelqu'un en qui j'ai confiance. Sur qui je me repose, me pose. Quelqu'un avec qui je r&#233;fl&#233;chis. Je construis. Je vis. Parfois par procuration, c'est s&#251;r, mais malgr&#233; la distance la dynamique est l&#224;. Profond&#233;ment l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je con&#231;ois une relation de couple - h&#233; oui, car je commence &#224; concevoir le couple - comme une implication commune, une double volont&#233; et la prise en compte de deux individu-e-s dans le fonctionnement d'une entit&#233; nouvelle. Entit&#233; qui ne fusionne pas pour autant les individu-e-s en elle : moi, toi, nous, et tout ce que cela implique autour, sont des &#233;l&#233;ments autonomes et inter reli&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand je r&#233;fl&#233;chis au &#171; nous &#187;, je r&#233;fl&#233;chis n&#233;cessairement &#224; toi, et &#224; moi. Partant d'une vision partag&#233;e de la relation, je r&#233;fl&#233;chis au &#171; moi &#187; dans le &#171; nous &#187; en te faisant directement intervenir : je conditionne mon intervention et mes envies &#224; ce que j'interpr&#232;te de tes interventions et de tes envies. Autrement dis, j'envisage peu le &#171; moi &#187; dans le &#171; nous &#187; de fa&#231;on autonome : ce que le &#171; moi &#187; retire du &#171; nous &#187; en faisant abstraction du &#171; toi &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ce redimensionnement que me pousse &#224; faire aujourd'hui mon cheminement f&#233;ministe. Non pas ignorer les autres dimensions, mais s'attacher pour une fois au &#171; moi &#187; dans le &#171; nous &#187;, sans se mettre &#224; la place du &#171; toi &#187; : refaire du &#171; moi &#187; une entit&#233; autonome distincte des int&#233;r&#234;ts et des probl&#232;mes du &#171; toi &#187; dans le &#171; nous &#187;. Ne faire intervenir l'empathie que dans un second temps, pour si n&#233;cessaire expliquer des situations qui auront &#233;t&#233; pr&#233;alablement identifi&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je r&#233;alise effectivement que cette absence de &#171; moi &#187; comme r&#233;flexion autonome et premi&#232;re constitue un des piliers de la non remise en cause du patriarcat et des discriminations. Les femmes sont l&#224; pour comprendre, justifier, et l&#233;gitimer toute intervention du &#171; toi &#187;. Cette aptitude &#224; l'empathie, m&#234;me si elle est certainement tr&#232;s appr&#233;ciable dans la vie en soci&#233;t&#233;, est terriblement perverse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que cette ann&#233;e m'aura amen&#233; &#224; comprendre, c'est l'ampleur de l'oppression des femmes par les hommes. Les moindres recoins o&#249; sont pr&#233;sentes discriminations et agressions. La place que j'ai toujours ni&#233;e dans ma propre vie &#224; la reproduction de ses sch&#233;mas qui sont profond&#233;ment ancr&#233;s en nous. La prise de conscience de ce que subit &#224; tout moment le &#171; moi &#187; et son appartenance &#224; une classe domin&#233;e, un autre &#171; nous &#187; ; et l'identification parall&#232;le du &#171; toi &#187; comme membre de l'autre classe, un &#171; eux &#187; dominant et antagonique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'o&#249; la difficult&#233; qui en d&#233;coule &#224; appr&#233;cier le &#171; nous &#187; et le &#171; toi &#187;. Le d&#233;doublement de r&#244;le : le &#171; toi &#187; est solidairement et alternativement l'autre acteur du &#171; nous &#187; avec qui je veux avancer et construire, &#224; qui je veux pr&#234;ter une attention &#233;gale au &#171; moi &#187; dans le &#171; nous &#187; ; et l'oppresseur, de part son appartenance &#224; un &#171; eux &#187; de qui je dois n&#233;cessairement me distancier pour prot&#233;ger mon &#171; moi &#187; et me le r&#233;approprier. En des termes crus et qui choquent plus d'un gar&#231;on, je couche avec mon patron. Mon amoureux est celui avec qui je dois construire et contre qui je dois me battre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Facile &#224; dire, apr&#232;s &#231;a, que lorsque je pense au &#171; moi &#187; je ne laisse pas au &#171; toi &#187; une marge de manoeuvre suffisante. C'est moi qui ai la responsabilit&#233; d'assumer la double face : &#224; moi de trouver comment d&#233;manteler le &#171; eux &#187; dans le &#171; toi &#187; sans agresser le &#171; toi &#187; dans le &#171; nous &#187;. &#192; moi de trouver la distance suffisante pour ne plus &#234;tre domin&#233;e par le &#171; toi &#187;, tout en aidant l'autre &#171; toi &#187; &#224; comprendre sa nature ambivalente et &#224; la d&#233;construire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'appr&#233;hension du &#171; nous &#187; n'est n&#233;cessairement plus la m&#234;me lorsque l'on int&#232;gre une r&#233;flexion f&#233;ministe. L'id&#233;e de respect des blocages et des peurs de l'autre est transform&#233;e. Si l'on r&#233;fl&#233;chit &#224; partir d'un &#171; nous &#187; &#233;galitaire, on suppose un responsabilit&#233; commune quant au fonctionnement et au dialogue. Dans ce cadre, c'est moi qui ai une altitude agressante lorsque j'impose mes envies et mes besoins d'&#233;volutions en te brusquant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais si l'on part avec comme cadre d'analyse un &#171; nous &#187; d&#233;s&#233;quilibr&#233; et un &#171; toi &#187; inscrit dans le &#171; eux &#187;, avec toujours l'envie d'un &#171; nous &#187; &#233;galitaire, cette situation n&#233;cessite un traitement diff&#233;renci&#233; du &#171; toi &#187; et du &#171; moi &#187;. Cette situation impose au &#171; toi &#187; agresseur une responsabilit&#233; premi&#232;re pour se d&#233;construire. Elle permet de comprendre que l'agression n'est pas dans l'expression mal adapt&#233;e du &#171; moi &#187; de la violence qu'elle subit, mais bien dans cette violence v&#233;hicul&#233;e m&#234;me malgr&#233; lui par le &#171; toi &#187;, et subsidiairement dans la culpabilisation du &#171; moi &#187; pour le caract&#232;re agressant de sa d&#233;nonciation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question centrale n'est plus l'agression r&#233;alis&#233;e par la demande d'&#233;volution mais bien l'existence d'un probl&#232;me dans le fait que le &#171; moi &#187; ait la responsabilit&#233; enti&#232;re de cr&#233;er un environnement respectueux pour le &#171; toi &#187; pour lui exprimer en quoi il est agressant, et ce au-del&#224; de l'existence de cette agression premi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma confiance dans le &#171; nous &#187; est &#224; partir de ce moment-l&#224; &#233;troitement li&#233;e &#224; l'altitude proactive du &#171; toi &#187; dans la d&#233;construction de son appartenance au &#171; eux &#187; : autrement dit, &#224; la responsabilisation du &#171; toi &#187; quant &#224; la reconnaissance du d&#233;s&#233;quilibre fondamental pr&#233;sent dans le &#171; nous &#187; ; et &#224; la possibilit&#233; de travail commun pour la r&#233;invention d'un nouveau &#171; nous &#187;, qui ne reproduise d'agressions ni pour le &#171; toi &#187; ni pour le &#171; moi &#187;. R&#233;ussir &#224; surmonter ce d&#233;s&#233;quilibre sans le faire peser sur le &#171; moi &#187;, et sans non plus imposer d'agressions au &#171; toi &#187; dans cette &#233;volution ni instaurer de nouveaux d&#233;s&#233;quilibres : c'est tout le d&#233;fi. &quot;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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